En passant

16 mois après…

Alors que je dois veiller mon fils qui est (bien) malade, je profite de ces heures nocturnes pour écrire un article dont j’ai parlé il y a un moment : le bilan un an après de mon rôle de maman. D’accord, j’ai un peu de retard, mais on m’a toujours après que « mieux vaut tard que jamais ». Allons-y !

L’allaitement

J’en ai beaucoup parlé ici, et cela reste quelque chose qui m’a marquée malgré le fait que cela soit fini. Mais c’était une belle fin ! Il a pris sa dernière tétée vers 10 mois et demi. De lui-même, il m’a fait comprendre à sa façon – les dents ça fait mal – qu’il n’en voulait plus. Il était à cet âge bien diversifié, il n’avait clairement plus vraiment besoin de cela pour grandir. Je pense qu’il y a eu deux facteurs principaux à cet arrêt : la curiosité très développée de mon fils, ainsi que probablement le ressenti que je devais travailler plus fort qu’avant et que j’avais moins de temps à consacrer à ces aller-retours travail-crèche quotidiens.

Est-ce que je l’ai mal vécu ? Oui et non. Ca s’est fait très rapidement au final, 2 semaines. Ca paraît long, mais j’ai passé la première semaine à me demander ce qu’il se passait et à pleurer de voir de nouveau les problèmes de poids pointer leur nez. Et la deuxième semaine, j’ai dû lutter avec mon moi intérieur qui était très content de voir l’arrêt se profiler, et le moi intérieur qui était triste dès qu’elle voyait une autre maman allaiter. Ce qui est sûr, c’est que je ne regrette rien : je souhaitais un allaitement qui s’arrête naturellement, et bien voilà.

 

La nourriture

Vous l’aurez compris, il mange maintenant de tout (ou presque). En tout cas, il a maintenant un rythme régulier de petit-déjeuner, midi, goûter et diner. Très libérateur comparé à l’allaitement, surtout que maintenant Papa est tout aussi efficace et peut donc me décharger. C’est un régal de le voir s’essayer à manger seul. Ok, il retourne la cuillère avant de la mettre en bouche, bon. Ces moments repas sont l’occasion de le voir gagner en autonomie : mettre son bavoir, manger (ou essayer), nettoyer la table, enlever son bavoir… Il en fait des choses maintenant !

 

Le travail et la crèche

Je confirme toujours ce que j’ai dit avant : pour moi, c’est le pied de pouvoir le déposer à la crèche et d’aller travailler. J’ai besoin de ces instants à moi pour faire des trucs avec des adultes qui savent marcher, parler (et raconter des bêtises aussi…). Et franchement, qu’est-ce que c’est cool ! Le matin, quand on dépose notre fils, il ne se retourne pas nous dire au revoir, il fonce jouer avec les copains ou avec un jouet qui lui paraît intéressant. Le soir, un bonsoir express sans fioriture pour montrer le détecteur de mouvement, ou les bulles de savon, ou tout autre chose qu’il était en train de faire et qu’il veut partager avec nous. Quand on voit son enfant s’épanouir autant, franchement que demander de mieux ?

D’ailleurs, on en profite parfois pour prendre un congé sans lui, et se faire une journée en amoureux. La dernière en date ? Deux jours, un pour ranger entièrement notre dressing, et l’autre pour profiter d’un petit tour à la piscine chauffée + hammam en plein début d’après-midi ce qui nous a permis de nous sentir seuls au monde. Bref, un moment de détente, de travail, de rangement… de vie d’adulte sans enfant finalement. Et qu’est-ce que ça fait du bien !

 

Le temps pour soi

C’est celui qui me manque le plus. Le temps pour jouer, pour créer, pour avoir des projets, pour ne rien faire, pour prendre un bain, pour aller faire des photos, pour regarder un animé en plein milieu de la journée, pour trainer aux toilettes sans avoir la porte ouverte « au cas où »… Tous ces moments qui nous paraissent anodins quand on est seuls et qui disparaisse quand on est 3. J’essaie de le retrouver petit à petit, ça viendra avec le temps j’en suis certaine. Mais pour le moment ce n’est pas au rendez-vous. De temps en temps j’y arrive, avec l’aide du Papa qui fait attention à cela. Mais clairement cela me manque beaucoup.

Il faut dire qu’on se lève à 7h30, que jusque 8h on est tranquille pour : se doucher, sortir le chien, préparer le repas du petit (tranquilles quoi). Puis ensuite préparation pour partir du petit, repas, tout ça. Le soir on arrive souvent à la maison vers 18h30-45, puis promenade du chien, bain du petit, repas du petit, coucher du petit. Et voilà, il est entre 20h et 20h30 et on peut enfin trouver du temps pour… faire à manger, plier la lessive de la veille, étendre la nouvelle, ranger. Du coup, la vraie soirée commence un peu plus tard. Cependant je suis confiante : un jour, ça ira mieux 🙂

 

Son corps à soi

Ceux qui me suivent le savent. J’ai du mal avec mon poids. J’avais du poids à perdre après ma grossesse, comme je vous l’avais expliqué. Globalement, j’accepte mieux les marques sur mon ventre qui sont bieeeeen atténuées grâce à une crème. Mais le poids… ce n’est toujours pas ça. Globalement, j’ai quasiment tout perdu (à 500g près, on ne va pas chipoter), mais allez savoir pourquoi je regrossis.

Personnellement je mets ça sur le compte du fait que je n’ai pas le temps de faire de sport, de faire attention à moi, de cuisiner pour manger équilibré. Je suis en train de mettre des choses en place comme : aller au travail à vélo (les jours de beau temps), cuisiner de nouveau. Alors on verra à ses 2 ans !

 

Le sommeil

Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! Il fait ses nuiiiiiiiits ! Après 11 mois de galère à me réveiller 2 à 3 fois par nuit, voilà qu’il dort enfin. Et pas qu’un peu ! De 20h à 8h, bébé dort à point fermé. Bon je ne vous cache pas que certaines nuits il y a un petit réveil de tétine égarée dans la grandeur du lit (à 2 cm de son nez bien sûr), mais 95% du temps : DODO. Et ça change drôlement la vie et la tolérance aux moments plus difficiles.

Mon rapport au sommeil a changé également ceci étant. Avant, je trainais la patte pour les siestes, pour aller dormir, je culpabilisais beaucoup. Mais ça, c’était avant. Maintenant la machine attendra une demi-journée de plus, si le petit dort 2h et que j’ai sommeil, je dors en même temps que lui et picétou. Mon énergie est finalement aussi précieuse que la sienne, et dormir est devenu si délicieux, si agréable, si souhaitable, vous n’imaginez pas !

 

L’attachement

Bon alors je dois être un peu hors norme, je ne sais pas. Mais mon fils reste un être humain de ma famille au même niveau que le Papa. Si je devais faire un choix entre les deux aujourd’hui ? Aucune idée. Ca ne m’empêche pas de l’aimer, de l’accompagner, de le guider, de l’épauler, de le soutenir dans les moments de frustration ultime (si si, ne pas pouvoir caresser le chat est horrible). Ca ne m’empêche pas de le couvrir d’amour, de tendresse, de bisous et de câlins. Seulement j’aime nos deux « indépendances » d’êtres humains.

D’ailleurs il doit être un peu comme moi j’imagine. Il m’aime, c’est certain. Je le vois quand il est malade, quand il veut manger, quand sa couche est sale (oui, il me demande de la changer), quand il veut jouer seul mais en étant assis sur moi (c’est plus confortable)… Pour autant, j’ai dû attendre 16 mois pour avoir la première « attention » physique d’amour de sa part. Bon, j’avais déjà des micro-câlins de 3 secondes montre en main, en posant sa tête sur la mienne ou sur mon bras. Rien ne vaut pourtant un bisou maladroit de sa part (le front se pose sur la tête et la bouche fait le bruit).

Alors j’ai envie de dire aux mamans et aux papas qui seraient inquiets : non votre enfant vous aime, j’en suis certaine. Simplement, avec vous ils sont en sécurité émotionnelle et affective, alors ils peuvent se concentrer sur tout le reste, tout ce qu’ils doivent encore apprendre et découvrir. C’est sans doute pour ça que mon fils ne pleure pas le matin à la crèche : il sait qu’on est là, et qu’il a plein de choses à faire en crèche.

 

« Tu verras, ça passe trop vite »

Encore une fois, je dois être hors norme, parce que cette phrase est celle qui m’exaspère le plus je pense. Non, ça ne passe pas trop vite. Ca passe, tout simplement. Le voir ramper a été un délice, je n’ai pas regretté l’époque où je pouvais le poser dans un coin et revenir 5h après sans qu’il ait bougé (j’exagère le temps volontairement). Le voir se déplacer à quatre pattes également, il a gagné en mobilité et en possibilité, comme pouvoir aller dans sa chambre malgré les 2 foutues marches d’escalier pour y accéder. Le voir se mettre debout pour pouvoir enfin récupérer ses livres en hauteur, tous ses jouets, pousser les chaises, refaire la déco en déplaçant la table basse, c’était magique. Et chacun de ces moments l’est. Le jour où il a nettoyé la table pour la première fois, le jour où il m’a aidé à ranger les courses, le jour où j’ai fabriqué un mini gant de toilettes pour faire « comme maman ».

J’ai adoré ces moments, j’adore le voir grandir vers l’adulte qu’il sera un jour. Je suis là pour l’accompagner, pour l’aider, pour lui apprendre. Certainement pas pour satisfaire mon propre besoin de pouponner ou d’être tranquille dans ma vie. En fait, nous avons simplement organisé l’appartement de telle sorte à ce que (presque) rien ne soit dangereux pour lui. Des caches prises, un ou deux coins en silicone sur les endroits vraiment critiques, rien que je ne veuille protéger à sa portée et voilà. Plus besoin de lui crier après parce qu’il a pris telle ou telle chose. Juste à lui expliquer ce qu’est une télécommande, une poubelle, que le tabouret peut basculer… Ca se fait tout seul ensuite 🙂

 

En résumé

Je dirais que j’adore mon fils que je suis en train de veiller ce soir, que je l’aime de tout mon coeur, que j’aime le voir évoluer. J’aime également son Papa, et j’ai besoin qu’on soit un couple solide pour être solide pour lui. Garder mon calme est une affaire quotidienne, et les jours difficiles, j’ai besoin de pouvoir en un regard faire comprendre à chéri que je veux qu’il prenne le relais. J’aime également ma vie d’adulte. J’ai besoin de ces moments pour moi, de mon travail, et de me ressourcer pour avoir encore plus de choses à partager.

Et tout ça, c’est ce que j’appellerai l’équilibre familial. Chacun le sien, le mien est ici (et en cours d’ajustement).

 

Bisous heureux,

Votre LuluCinda

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