En passant

La sucette, responsable de ma culpabilité

Je vous racontais comment mon tout petit ne prenait plus de poids, et comment j’ai galéré à trouver des réponses et à mettre en place certaines choses.

Je vous rassure, bébé a repris du poids et cela progresse petit à petit. Malgré tout, je dois continuer un suivi hebdomadaire. Seulement, après y avoir bien réfléchi, j’ai trouvé la raison de ce problème : la sucette.

J’ai mis 6 semaines complètes avant de me décider à lui donner une sucette. Je ne voulais pas. D’abord pour ne pas induire une confusion sein/tétine qui aurait eu des conséquences désagréables sur mon allaitement. Et ensuite parce que je ne voulais pas que cela devienne un substitut facile aux différents moments où il n’allait pas bien. Je ne voulais pas que ce soit la solution facile pour s’occuper de lui, qu’on finisse par ne plus être aussi présent pour lui.

La première fois que je lui en ai donné une, ce fût au jour anniversaire de ses 7 semaines. Normalement, tout était en place pour l’allaitement, ça allait mieux pour moi (les douleurs de la mycose étaient disparues) et bébé-chou avait beaucoup besoin de sucer le soir pour s’apaiser. Il faisait beaucoup de pleurs de décharge et on sentait qu’il n’était pas bien. Après insistance de cette proposition de l’entourage, et des heures passées sur le net pour savoir quoi faire (parce que j’étais perdue), j’ai fini par céder. Et quand je lui ai donné, c’était au restaurant. Il allait pleurer, beaucoup, et je devais manger. Alors je lui ai donné. Et j’ai pleuré. Je suis sortie de table, pour ça. J’ai eu l’affreuse impression de l’abandonner. Il était là, dans son landau, seul avec sa tétine. Là où habituellement puisqu’il n’était pas bien, je le prenais dans mes bras pour l’apaiser.

Je me suis promis de ne pas le laisser seul avec sa tétine. Je crois que j’ai échoué dans cette promesse. Je m’en rends bien compte aujourd’hui, et il est difficile pour moi d’inverser la vapeur.

Parce qu’à partir de là… c’est là que « tout a basculé ». La sucette apaisait son envie de succion, mais aussi sa faim. Quand il l’avait en bouche, il ne réclamait pas à manger. Si bien qu’il a commencé à « faire ses nuits ». Quelle bêtise… Il ne les faisait pas vraiment, pas parce qu’il était repu en tout cas. Mais j’ai par conséquent arrêté de l’allaiter la nuit. Ne pensant pas, du même coup, que ma lactation allait en pâtir, et sa croissance non plus. Et pourtant… maintenant je connais le résultat.

Aujourd’hui, je regrette de lui avoir donné cette affreuse habitude, je regrette d’avoir cédé, je regrette mais je sais que pour lui, tout de même, cela est bénéfique. Seulement j’aurais dû garder mon aversion évidente pour cet objet. Ne pas lui donner en dehors des moments que je m’étais fixée, à savoir sur les siestes, ou dans le lit. Et surtout… surtout j’aurais dû continuer d’accepter d’être réveillée la nuit.

Je le fais de nouveau maintenant, mais je galère pour le nourrir, pour relancer ma lactation, pour avoir assez de lait pour lui. Et je m’en veux. D’autant que je vois bien que parfois, elle me facilite à moi la vie, pas forcément à lui.

Est-ce que pour autant je suis une mauvaise mère ? Je n’en sais rien, mais je le ressens en partie ainsi. Et ça fait mal. Mal à mon petit coeur de maman qui veut prendre soin de son enfant du mieux qu’elle peut.

 

J’essaie maintenant de lui limiter l’accès à la sucette, de rendre tout cela moins automatique. Mais vais-je y arriver ? Rien n’est moins sûr… il en a drôlement pris l’habitude. Notamment en fin de tétée 🙁 L’avenir me le dira.

 

Bisous baveux,

Votre Lulucinda

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