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Le masochisme de l’allaitement

Comme je vous l’ai dit dans mes articles précédents, mon allaitement ne s’est pas fait dans la douceur le premier mois et demi. Par chance, mon bébé ne tétait que 6 à 7 fois par jour. Malgré tout, cela représentait donc 6 ou 7 fois par jour 1h de douleur pour nourrir un petit bout affamé, jeune, qui devait téter pour bien grandir.

Laissez-moi vous expliquer ce que j’ai traversé. L’allaitement ne doit pas être douloureux, jamais. Mais il peut l’être, et il faut alors agir en conséquence pour neutraliser le problème.

La mauvaise position

Comme je vous l’ai dit dans le précédent article, la position est très importante lors de la mise au sein. Je savais qu’il y avait des choses auxquelles il fallait faire attention, seulement la mise en place est compliquée. Comme on le dit souvent : « Entre la théorie et la pratique, il y a un gap ». C’était mon gap à moi. Du moins le premier.

Mon bébé tétait mal, et moi je ne savais pas m’y prendre. La conséquence sur moi fût immédiate : crevasses. Sur les deux tétons, sans exception. Un sein était plus touché que l’autre, mais les deux souffraient.

Sur internet, ou même en maternité, plusieurs solutions m’ont été proposées : les pansements de lait (technique pouvant provoquer d’autres soucis), le colostrum étalé sur le sein mis à l’air, ou la lanoline. J’ai opté pour la lanoline, et les seins à l’air. « Les draps s’en souviennent ». Oui parce que quand on a la montée de lait en début d’allaitement, les semaines qui suivent, on produit beaucoup. En tout cas ça a été mon cas, je produisais beaucoup. Je n’avais pas mal lors de la montée de lait (ouf), mais lors de la mise au sein.

Le résultat fût assez rapide : je grimaçais lors de la mise au sein, je battais des jambes pour essayer d’atténuer la douleur que je ressentais (oui j’essayais d’évacuer), parfois je criais un peu. Une de mes crevasses restait là, bien fermement ancrée dans mon sein. Comme une trace de mon incompétence passée. Chaque fois que je le voyais pouvoir attraper correctement le téton, au lieu de lui appuyer sur les omoplates pour le rapprocher du sein, je me reculais pour ne pas souffrir.

En corrigeant durablement la position de la mise au sein, elle a fini par guérir, et ne plus me faire mal. Non sans mal, j’ai bien cru qu’elle ne partirait jamais. Il a fallu que je teste

Seulement… le doute s’était emparé de moi. De nombreuses fois. J’étais incapable de mettre bébé au sein, de le nourrir, d’être là pour lui au final. Aujourd’hui je ressens encore cela – pour une autre raison (oh, un nouveau billet à venir !).  En tout cas c’était horrible. La descente morale aux enfers, surtout avec les hormones, le baby blues et tout ce qui va bien après l’accouchement !

 

La mycose (ou candidose)

Ah la fourbasse. Celle-ci, c’est la petite surprise des 3 semaines.

Après avoir passé plusieurs jours à apprendre à le mettre au sein, à voir ma crevasse diminuer doucement, lentement mais sûrement. J’ai pu goûter à la joie de l’allaitement sans douleur. Des chatouilles, voilà ce que je ressentais quand le lait coulait dans la bouche de mon bébé qui tétait avec plaisir. C’était rigolo, plaisant et gratifiant. J’arrivais à allaiter mon bébé, enfin. Je pouvais jouer mon rôle de mère – celui que  moi j’imaginais.

Seulement voilà, au bout des 3 semaines de vie, une douleur intense est revenue. Mais vraiment intense. J’en pleurais la nuit. Lors de la mise au sein, je me remettais à le repousser. Vous avez déjà pleuré 6 à 7 fois par jour ? Et ce pendant 2 semaines complètes ? Moi oui, et c’est dur.

Le doute était revenu, pire qu’avant. Il s’installait.

Je suis allée consulter une sage femme, pour m’aider à comprendre. Le couperet est tombé : la mycose, aussi appelée candidose. Elle s’installe, se fait discrète puis à 3 semaines ressort de plus belle. Voilà, j’avais une mycose sur les tétons, très classe. Au moins, j’étais rassurée : je faisais les choses bien et je n’y pouvais rien si cela était arrivé. Mon rôle de maman n’était pas en cause.

Par contre il a fallu nous traiter tous les deux. Et bien oui, si je ne traitais que moi, le petit pouvait me le redonner à la tétée suivante, ce qui n’était évidemment pas souhaitable. Ce fût une période de 2 semaines de traitement compliquée. Lui badigeonner la bouche après une tétée alors qu’il venait de s’endormir, ce n’était pas cool pour lui. Et même si je savais que ce n’était pas ma faute, alors je culpabilisais.

3 semaines après un traitement intensif, j’étais guérie. Plus de douleur, plus de crevasse, plus de mycose, juste moi, mon bébé, nous, le plaisir, l’allaitement au naturel. Qu’est-ce que ça a fait du bien !!!

 

Le vasospasme

Alors lui, je l’ai connu un peu mais pas beaucoup heureusement. Ca suffisait déjà comme ça je pense.

En gros, le sang n’arrive pas bien au mamelon, que ce soit à cause du froid ou parce que le petit pince trop fort. Cela provoque une douleur, puis après la tétée, la douleur du sang qui revient au bout du mamelon. Je suis sûre que vous voyez un peu de quoi je parle, quand on dort trop fort sur un bras, qu’on se pose mal sur une jambe, ce genre de choses. Et bien pareil, avec une douleur.

J’en ai eu un peu, une petite passade, mais pas grand chose. Juste suffisamment pour plaindre les mamans qui rencontrent le problème.

 

Évidemment, je n’ai pas abordé ici toutes les douleurs possibles, seulement celles que j’ai rencontrées. Et ma foi c’est déjà bien suffisant. Parce que j’ai eu l’occasion de me remettre en cause de très nombreuses fois. Avec en prime la honte qui m’habitait d’allaiter en public parce que cela voulait dire montrer ma douleur et mon problème, remettre en cause mon rôle de maman devant les autres et ça… j’avais du mal.

Enfin maintenant, j’allaite n’importe où, sans gêne, et j’en suis très heureuse ! Plus de douleurs, plus de crevasses, plus de crème à mettre, seulement nous deux et ce moment partagé. Un bonheur et un sentiment de fierté que je n’échangerai pour rien au monde.

Quoique… ce n’est plus si simple aujourd’hui. Je vous raconterai cela dans un prochain billet.

 

En tout cas, merci à tous ceux qui m’ont aidée à surmonter ces obstacles. Parce que sans eux, je n’aurais jamais pu tenir et continuer de suivre mes convictions. Particulièrement merci au papa, qui est resté auprès de moi pendant les tétées les plus douloureuses pour me tenir la main, m’apaiser, vivre cela avec moi.

 

Bisous soignés,

Votre Lulucinda

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