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Souvenir d’une journée bouleversante

Ce blog n’existerait pas sans cette journée-là, sans ce moment-là… Non je ne parle pas de la procréation, rassurez-vous ! Mais de l’accouchement. Un accouchement que j’ai voulu 100% nature, sans aucun artifice, seulement Papa, moi et bébé.

Laissez-moi vous raconter comment j’ai réussi à accoucher selon mon projet de naissance : sans péridurale, sans stress, dans l’échange et en ayant un moment à 3.

Depuis le début, je ne souhaitais pas vraiment de péridurale. Parce que je voulais quelque chose de naturel, qu’enfanter était pour moi un acte qui ne nécessite normalement pas d’intervention médicale, parce que dans le fond avoir une méga aiguille qui rentre dans la périphérie de ma moelle épinière de m’enchantait pas, parce que je n’avais pas envie de passer 10h allongée sans pouvoir bouger. Pour toutes ces raisons, je ne voulais pas de péridurale. Je ne me fermais malgré tout pas à l’idée. Si jamais la douleur était trop intense, alors… pourquoi pas.

Les contractions ont commencé vers 1h du matin. Mais je me suis couchée, et me suis endormie. Durant les réunions de préparation à l’accouchement, 2 futures maman avaient eu des contractions de préparation, qui n’engagent pas un accouchement. Je m’étais dit que c’était ça, que ça allait durer quelques jours, mais que ma foi, ça passerait.

À 3h du matin, toujours des contractions. Je grimace, me lève un peu, me recouche. Je n’imagine rien pour le moment.

5h du matin, là ça se précise. Je trouve que la douleur est un peu plus forte, je ne tiens de toute façon plus dans la position couchée. Tranquillement, on prépare le sac de maternité (ben quoi, il fallait le préparer en avance ?!) et on part à la maternité à 8h. Le col était alors ouvert à 2, ce qui signifie que l’accouchement était pour aujourd’hui. Etant donné notre projet de naissance, la sage-femme nous conseille de rentrer chez nous et de prendre des bains, de se reposer, et de revenir plus tard.

C’est donc ce que j’ai fait, jusque 16h30. J’ai pris 2 bains d’une heure, j’ai redormi 2 fois 45 minutes, j’ai essayé de manger (ce fût un échec – nausées après la première bouchée), j’ai bu. Globalement, je ne me suis pas mise de pression. Les contractions étaient tolérables pour moi, je soufflais bien, et je ne ressentais plus rien entre les contractions. Même que je m’endormais ! Il paraît que c’était impressionnant à voir. Je vous avoue que moi, je ne m’en rendais pas compte. Ça m’a permis de tenir jusqu’au bout en tout cas. Je pense que c’est la sophrologie qui m’a aidé. Au lieu de réussir à tenir toute la séance, je m’endormais immédiatement (ce n’était pas le but). Si bien qu’une fois en plein travail, je me remémorais cette sensation, et pouf dodo.

A la maison, j’étais accompagnée doublement. Par ma soeur, qui était là pour passer une journée entre fille avant mon accouchement (bon d’accord, le programme a légèrement changé). Et par le papa bien sûr, qui n’est du coup pas allé au travail. C’était chouette, parce que ma petite soeur a joué le rôle de la sage-femme à domicile : elle nous a aidé à compter les contractions et la durée entre 2. Tandis que le papa a pu finir sa nuit pour tenir jusqu’au bout ensuite, et m’aider à supporter les contractions en pouvant ne se concentrer que sur nous et l’instant. Alors pour ça, merci énormément petite soeur ! Il faudra que tu sois là si on en fait un 2ème (ah ah… j’en parlerais une autre fois tiens).

À 16h30 tout de même, les contractions étaient de plus en plus fortes, et rapprochées. Direction maternité pour un col ouvert à 6,5. Il était temps ! Direction la salle de naissance.

À ce moment-là, je ne souhaitais pas la péridurale. C’était de moins en moins agréable, c’est certain, mais je me sentais sereine. Tout d’abord parce que la sage-femme avec nous, Anne, était vraiment adorable. Très à l’écoute, me conseillant des positions, me rassurant sur ma capacité à suivre mon projet de naissance. Là-bas, j’ai fait rire le papa (et probablement la sage-femme) car je m’excusais quand je salissais quelque chose ! La pièce est faite pour, mais non, je me disais qu’il fallait laisser propre. Ensuite, grâce au Papa et au prolongement. Nous avons fait un peu d’haptonomie durant la grossesse, et nous avons appris à nous prolonger l’un sur l’autre afin de mieux supporter la douleur. Comme le disait la sage-femme de la préparation à l’accouchement, la douleur c’est 80% de stress et 20% physique. Alors il fallait travailler sur les 80%. Et le prolongement a un effet fou. Pour expliquer rapidement, le papa met les mains sur le genou de la maman, et se concentre pour aller psychologiquement caresser le cou de la maman. Et ben on y croit ou pas, mais chez nous ça marchait d’enfer ! Je me plongeais dans ses yeux, on se prolongeait l’un sur l’autre (les esprits déplacés, oust !) et la contraction paraissait moins forte. C’était génial.

Ce qui m’a aussi aidé, c’est mon ballon. Et le fait de pouvoir faire ce que je voulais. Marcher, m’asseoir, m’allonger (ah non, ça je ne pouvais pas – mais j’ai essayé !), bouger le bassin sur le ballon, m’étendre le dos grâce aux lianes… Bref, écouter mon corps et utiliser les positions qui diminuaient l’effet des contractions. Parce qu’il faut rester mobile dans ces moments-là. On nous le dit avant l’accouchement, et pour l’avoir vécu je trouve cela très vrai.

J’ai eu plusieurs moments où j’ai envisagé la péridurale. « Je ne sais pas si je vais tenir encore longtemps », voilà ce que je disais. Et à chaque fois, la sage-femme m’encourageait, me disant que je travaillais très bien, que c’était super. Le papa me rassurait et me disait qu’il était fier de moi, que j’étais forte. Et moi je me disais « bon j’ai tenu jusqu’ici, alors je peux voir encore un peu si je tiens ». Au final, ça m’a aidé à tenir jusque bout. Faire un état des lieux, constater que j’avais tenu bon, me laisser un délai pour prendre ma décision. Sans pression, sans épée de damoclès au-dessus de la tête.

Une chance que j’ai eu également, la poche des eaux qui a tenu jusqu’au bout. Bébé poussait bien sur le col, dès le début. La poche des eaux s’est fissurée à 9,5, percée à 10. Ca l’a aidé à être bien tout le long et pouvoir m’aider sans problème. Et moi ça a dû aider à avoir des contractions moins fortes (c’est ce qu’on m’avait expliqué en tout cas).

À la fin j’étais épuisée, moralement, physiquement. Les poussées ont été difficiles, mais je pense que j’étais en « transe ». Je ne me souviens plus de ce que j’ai fait exactement, le Papa m’a raconté que je lui faisais des bisous sur la main – je ne m’en souviens pas (même le lendemain).

J’ai accouché à 22H45, oui oui. 21h45 de travail messieurs dames, rien que ça. Mais je suis fière ! Parce que j’ai tenu jusqu’au bout. Bébé a eu un peu de mal les dernières minutes, si bien que la dernière poussée m’a valu une épisiotomie. Un moindre mal pour un bel accouchement !

 

Si je devais conseiller les mamans qui ont le même projet que moi, ce que je dirais, c’est qu’il faut suivre le courant. La première phrase à laquelle j’ai pensé c’est « qu’il faut se faire confiance » mais non, c’est faux. C’est une pression inutile. Je crois que si on m’avait dit ça, ça m’aurait stressé « Confiance, mais de quoi ? Je n’ai jamais connu ça ! Et si j’ai trop mal ? Et si je ne tiens pas ? Vous êtes sûr ? ». Alors non, mon conseil c’est : « Vivez juste l’instant, concentrez-vous sur l’amour entre vous, sentez et imaginez l’effort de votre bébé sur le moment, et avancez pas à pas. ». Et surtout, sachez que chaque expérience est différente, que chaque femme est différente, que bébé est différent, que chaque relation est différente. Alors apprenez à vous connaître vous, à ce qui pourrait marcher pour vous, testez différentes choses avant l’accouchement et vous utiliserez ce que vous ressentez sur le moment 🙂

 

Bisous mémoriaux,

Votre Lulucinda

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