État

Tout allait bien, quand soudain…

L’allaitement, ah l’allaitement. Je vous en ai beaucoup parlé jusqu’ici, et je vais continuer encore un peu. Parce que je ne souhaite pas arrêter cette pratique pour le moment, et que même si je suis déterminée et que je n’ai plus mal, ça reste très compliqué à gérer.

Voici donc la nouvelle problématique du moment. Après avoir pris 1kg par mois pendant 2 mois (ce qui était très bien), le voilà qui ne prend que 100g à son 3ème mois. 100g, ce n’est pas assez. Alors même si monsieur a pris 3cm, si je n’arrive pas à le remplumer il devra prendre des compléments… Hors de question d’abandonner si vite.

Et oui, encore une difficulté liée à l’allaitement : vous ne savez pas précisément combien prend votre bébé. Pas de sein gradué, pas de sein transparent, pas de cuillères de lait, juste un sein, une bouche, et une distribution en directe. Bébé mouille bien ses couches, fait toujours caca. Il est éveillé, il dort bien mais pas trop. Comment vouliez-vous que je le vois ?

Quand la nouvelle est tombée lundi de la semaine dernière, même si je m’en doutais et que j’étais inquiète depuis déjà 3 semaines (pesée par le médecin de la crèche, qui m’a dit de ne pas m’inquiéter), j’ai pleuré. Impossible pour moi de me retenir, à ce simple contrôle médical chez le pédiatre, j’ai pleuré. La pédiatre a bien sûr paniqué, ne comprenant pas ce qu’il se passe. Je n’avais pas particulièrement envie de rentrer dans le détail, parce que j’ai mes convictions et que la phrase « c’est déjà bien 3 mois, il a profité du meilleur » m’a fait reculer à m’exprimer.

Parce que oui c’est déjà bien, mais moi je voulais plus. Je veux plus. Je veux partager encore et encore ces moments avec lui, je veux le voir grandir et savoir le nourrir, être capable de faire les choses bien. Alors oui, il y a ce que l’on veut et ce que l’on peut. Seulement j’ai envie de croire que je peux faire plus. Parce qu’au fond de moi je n’accepte pas cet état, je n’accepte pas cet échec. Et surtout je n’étais pas en mesure d’accepter cette phrase à ce moment-là.

Oui, pour moi c’est un échec. Vous trouvez peut-être que le mot est fort, puisque j’ai quand même réussi 3 mois. Et bien pour moi ça l’est. Notre société est difficile à vivre vous savez, en tout cas pour quelqu’un d’émotif et de fragile comme moi. Entre internet, les réseaux sociaux, et la facilité de communication, je me sens facilement jugée, mise en défaut, comparée, et surtout moins bien que les autres. Alors qu’il n’en est rien, ou pas forcément. Mais que voulez-vous, la société nous compare depuis tout jeune non ? J’ai donc continué à développer cet état de comparaison et je continue à regarder les mamans d’à côté. Evidemment, à 3 mois, celles qui continuent à allaiter sont souvent celles pour qui ça se passe bien, et celles qui ont arrêté ne comprennent pas nécessairement mon ressenti.

J’ai pleuré, quasiment toute la journée. Dès que je voyais mon petit, dès que je le mettais au sein car il est agité depuis 2 semaines quand il doit manger. Dès que je voyais ma balance dans la salle de bain. Dès que quelqu’un me demandait si « ça allait bien pour Bébé ». Et bien non, ça n’allait pas, pour lui, pour moi, pour nous.

Heureusement, j’ai pu trouver du réconfort auprès de mamans qui ont elles aussi des déboires, sur le forum de la Leche League (ah oui j’en ai déjà parlé ?). Et je mets tout en oeuvre pour comprendre ce qui se passe mal. J’ai aussi la chance d’avoir une cousine qui a des petits, qui aime l’allaitement, et qui ne me juge pas et me conseille. Son coup de fil m’a aidé ce jour-là, sur bien des aspects.

Seulement voilà, quand la pédiatre vous pose un ultimatum en vous disant « Repassez jeudi, pour le peser. S’il a pris du poids, ok. Sinon il aura des compléments ». 4 jours pour faire mes preuves, 4 jours pour réussir à lui donner correctement à manger, 4 jours pour trouver des réponses à mes questions. J’aime autant vous dire que c’est bien court, bien trop court. Comment voulez-vous que j’arrive à joindre les personnes qu’il faut en si peu de temps, et les voir ? Alors qu’on est en pleines vacances scolaires…

Le jeudi en question, bébé n’a pris que 20g. Ben ouais, en même temps, le temps de me renseigner et d’agir, ça prend du temps, et ça ne vient pas tout seul. « Il faudra que vous repassiez absolument mardi, je ne peux pas laisser ça comme ça après un long week-end ». Mais quoi, bébé va bien ! Ok il n’a pas grossi assez, m’enfin on ne voit pas ses os non plus, il est énergique et éveillé, il risque de mourrir que vous êtes SI inquiète ? Je ressors de là tout aussi paniquée.

J’ai de la chance, mon ostéopathe est très à l’écoute. Alors rendez-vous express le jeudi pour pouvoir vérifier que tout va bien mécaniquement pour lui. Il m’a dit que oui, un petit déséquilibre de pression durant la tétée, mais cela devrait pouvoir se corriger en lui faisant téter mon doigt d’une certaine façon, ouf ! Surtout après la visite chez la pédiatre, j’avais besoin que quelque chose aille bien.

Et puis surtout, vendredi j’ai eu la chance de pouvoir voir une consultante en lacation ibclc. En gros, une personne très formée sur tout ce qui est allaitement et qui peut m’aider à regarder dans le détail la tétée, la bouche de mon bébé, et me donner des conseils. Elle a été impressionnée par toutes mes connaissances, avait du coup peu de conseils à me donner en supplément. Mais surtout, elle m’a rassurée sur mes capacités à mettre bébé au sein. Il tète très bien ! Je le positionne bien, ça pas de souci.

Seulement voilà, les bébés sont des fainéants la plupart du temps. Il faut savoir que les 2 premiers mois, le lait coule en abondance, beaucoup plus que ce que bébé a besoin. Et qu’ensuite, le corps s’adapte et passe en mode production normale. Sauf que forcément, ça veut dire un débit plus faible, moins de lait en début de tétée (hydratant) puisque le réflexe d’éjection se fait plus tard, et plus d’efforts à fournir pour réussir à chopper le lait de fin de tétée qui est nourrissant. P’tit bout d’chou, lui, il est fainéant. Il veut manger, tout de suite. Et pas attendre, pas plus tard, il veut ça maintenant. Et il ne comprend pas que ça a changé. Du coup il est énervé au sein, tète un peu moins bien puisque moins longtemps. Il faut le temps qu’il apprenne, qu’il s’habitue.

Du coup pour maman : homéopathie, tisanes d’allaitement, tirer son lait après certaines tétées et continuer de tirer son lait le soir avant de dormir. En complément pour s’assurer qu’il mange assez, 60 mL de lait tiré de maman à répartir sur plusieurs tétées dans la journée.

 

Aujourd’hui, j’ai bien entrepris tout cela, mais c’est long à aller mieux. Bébé se réveille de nouveau la nuit à 3h30 (j’aimais bien dormir jusque 5h moi…), il s’énerve au sein au point de me faire douter, j’ai de nouveau mal aux tétons, et je n’ai pas d’échéance de « là c’est bon, il sera habitué ». Jeudi j’ai de nouveau rendez-vous pour une pesée, alors je croise très fort les doigts pour qu’il ait repris du poids.

Ah et bien sûr, la pédiatre ne va pas me revoir. Ressortir des rendez-vous avec des doutes, avoir de mauvaises informations de sa part… je vais en trouver une plus adaptée pour moi !

 

Bisous (trop) légers,

Votre Lulucinda

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