En passant

Travailler, c’est pas si dur !

Dormir par contre… ce n’est pas la même chose !

Comment concilier travail et nouvelle vie de maman, travail et le manque de sommeil, travail et l’allaitement, travail et soi-même en tant qu’individu qui change. C’est la question qui m’a occupée quelques mois, qui aujourd’hui reste parfois en suspens, mais à laquelle j’ai tout de même réussi à répondre suffisamment précisément pour en parler aujourd’hui.

Tout d’abord, le retour au travail lui-même. A quel moment, pourquoi, comment. C’est une grande question que j’ai oublié de me poser sérieusement. Aujourd’hui je ne sais plus si je regrette. Je sais que le premier mois en tout cas, je regrettais. Mais finalement, peut-être que c’est ce qui m’a aidé à vraiment reprendre ma vie en main. En tout cas, aux 3 mois de mon fils, j’ai repris le travail. 3 mois et 9 jours pour être précise. Le temps minimum imposé, mon fils étant arrivé 2 semaines après mon arrêt.

Je regrettais parce que l’allaitement était compliqué avec le souci de poids, parce que j’étais très fatiguée, parce que j’avais le sentiment de gaspiller du temps que j’aurais pu consacrer à voir grandir mon fils. Et j’étais perturbée par tout ça. Aujourd’hui, avec plus de recul, je me rends compte que c’était nécessaire pour moi de reprendre une vie intellectuelle. Parce que oui, très franchement, la vie à la maison avec un bébé de 3 mois nous fait régresser. J’ai même lu quelque part que notre cerveau de maman s’adaptait exprès pour qu’on tolère de régresser. Sauf que moi je le voyais, souvent, et je le tolérais difficilement. Le travail était finalement pour moi une source d’inspiration pour vivre. Oui oui, je ne me suis pas trompée dans mes mots. J’avais besoin d’alimenter mon esprit par autre chose que mon fils.

 

Alors comment je me suis organisée. J’ai l’immense chance d’avoir une crèche à 100m de mon lieu de travail, une crèche d’entreprise. Par conséquent, j’ai pu tout simplement continuer à l’allaiter « à la source » dès le début de mon retour au travail. La crèche m’appelle quand mon fils a faim, je me libère, je fonce lui donner à manger, et je retourne au travail. 3 fois par jour. Alors ça peut paraître beaucoup, mais en fait non.

Déjà, le midi, c’est en temps normal ma pause. La seule différence, c’est que je mange à une heure aléatoire en fonction de s’il a faim plus tôt dans ma pause ou plus tard. Ensuite, nous avons le droit à 2 pauses dans la journée, de 15 minutes. Une le matin, une l’après-midi. Au lieu de la prendre à heure fixe, je la prends quand il a faim. Cela ne me prend pas plus de 20 minutes. S’il a faim une fois de plus, je décompte mon temps de pause supplémentaire de mes heures de travail, car j’aime être réglo avec mon entreprise.

Est-ce que ça me fatigue ? Non. Ca a pourtant été la première inquiétude que l’on m’a dit : « A ce rythme, vous ne tiendrez pas ». Et bien pourtant, j’ai tenu et j’adore ça ! J’ai eu l’occasion de faire 2 jours sans mon fils de la journée (par obligation), et qu’est-ce que la journée m’a parue plus longue ! Pourtant heureusement, je n’étais pas dans le cadre classique du travail. Quand je vais allaiter mon fils dans la journée, je déconnecte du travail, je suis dans ma bulle de douceur, le petit câlin d’amour, je décompresse si quelque chose m’a contrariée, ça me fait un bien fou. Vraiment.

Ce qui a été compliqué, éventuellement, c’est la gestion au travail de cette heure aléatoire à laquelle je ne peux rien faire d’autre que courir à la crèche. Au début, je me sentais drôlement coupable. De par mon poste, j’ai des responsabilités et notamment une équipe avec laquelle je travaille. L’exemple que je donne en m’enfuyant des réunions, ou en les déplaçant m’a longtemps posée problème. Mais aujourd’hui, j’ai compris que tout le monde pouvait comprendre, et que je n’avais pas à en rougir. Alors ça va mieux. Et puis il est plus régulier sur ses horaires de repas aussi.

Là où par contre je suis fatiguée, clairement, c’est sur les nuits. Chaque nuit, il me réveille entre 1 et 3 fois par nuit (plutôt 2 la plupart du temps). Alors oui, j’avoue, en fin de semaine, la journée me paraît interminable. Je suis fatiguée, je ne comprends plus toujours ce qu’on me raconte, mais je fais un effort.

Ce qui me fait tenir la journée, je pense que c’est mon travail que je trouve captivant et passionnant, et mon fils. Le soir, quand je rentre, j’arrive à garder de l’énergie, sauf après l’avoir couché. Comme si tout mon corps se disait « ok, c’est bon, ton fils est au calme en train de dormir, tu n’es plus obligée d’être attentive » et pffffou, je m’endors presque. Ce qui est dur quand il a du mal à s’endormir du coup, car c’est vraiment l’action de le mettre au lit qui déclenche ça chez moi. Donc bien sûr, je m’en occupe si c’est le cas. Mais je me bats contre mon manque d’énergie.

Alors heureusement, nous sommes deux. Ce qui est super important. Ca ferait un bon sujet tiens… En tout cas, voilà comment nous nous sommes organisés : la semaine, Papa fait ses nuits (ah ah, pas comme bébé, ah. AH). Et le week-end, il faut aussi sa nuit (une petite nuit), mais après la tétée de 7h30, je REDORS pendant que Papa s’occupe de lui. Et qu’est-ce que c’est BON ! Non vraiment, c’est terriblement plaisant. Parfois je laisse Papa refaire une sieste le week-end, ou alors on en fait une ensemble pendant la sieste du petit. Mais tout le monde se sent ainsi plutôt reposé, et nous arrivons donc à vivre notre vie d’adultes qui travaillent.

Aujourd’hui, bébé grandit et son rythme change. Il a aujourd’hui 6 mois, bientôt (très bientôt) 7 mois. Et le matin, en week-end, il redort très facilement jusque 8h45. Du coup, Papa dort plus longtemps qu’avant, et moi, je redors quand même jusque 10h30 parce que je me réveille toujours autant la nuit et que l’allaitement reste épuisant. Pas de se déplacer à la crèche, pas l’allaitement physiquement parlant, mais l’allaitement dans la production de lait. Ca ne se ressent pas forcément, mais je le sais alors je fais attention. Et je le vois dans ma quantité de lait alors je redouble d’attention à ce sujet.

 

Encore un point pour le biberon donc, qui permet d’alterner les nuits, de s’assurer qu’il « fasse ses nuits » plus tôt. Mais pour rien au monde je ne regrette mon choix de l’allaitement. Oh que non. Malgré tous les inconvénients que cela présente 😉

 

Bisous travailleurs,

Votre Lulucinda

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