En passant

Un planning de ministre

Quand on devient maman, le temps se modifie. Il se raccourcit, se tord, se défait, se remet en place. Il suit une courbe qu’on ne connait pas, qu’on ne comprend pas, sans pouvoir l’arrêter. En tout cas, c’est bien ce que j’ai ressenti et ce que je ressens encore.

Parce qu’avoir un bébé, c’est accepter d’avoir un petit être qui ne dépend que de soi, qui ne peut rien faire tout seul. Et donc accepter de ne plus avoir de temps pour soi les premières semaines (mois ?).

Les 5 jours à la maternité ont été fabuleux. Je n’avais à m’occuper de rien, si ce n’est de moi et de mon bébé. Dormir en même temps que lui, le nourrir, parler avec le papa, voilà ce qu’étaient mes journées et c’était chouette. Très entourée par le corps médical, soutenue, écoutée, un bébé hyper calme, tout qui m’allait bien.

Et puis je suis rentrée chez moi. Avec le Papa, comme d’habitude, mais aussi avec un petit bout de chou dans son siège auto, tout minuscule et fragile. Je m’attendais à ce qu’il garde son caractère de maternité, et donc pouvoir dormir convenablement. Mais ça, c’était avant.

A la maison, il y a plein de choses à faire : la lessive, le repas, le ménage… Rien ne se fait seul, et tout est nécessaire (ou presque). Du coup on s’était réparti les tâches avec le papa. Je gérais le petit à 100%, il gérait la maison et s’occuper du bébé quand je voulais dormir correctement. C’était bien, mais j’étais fatiguée, et j’avais besoin de trouver ma nouvelle place de maman.

Alors ben oui, j’étais effrayée à l’idée de sortir de chez moi (ne serait-ce que parce que je n’arrivais à allaiter mon bébé qu’allongée), et je ne savais pas comment organiser mon quotidien.Les tétées duraient une heure, il avait 20-30 minutes d’éveil, puis il dormait, pour téter de nouveau 1h30 plus tard. Je vivais avec le Papa, et mon nouveau bébé qui pleurait de 20h à 3h du matin sans s’arrêter ou presque. Les pleurs de décharge ils appellent ça. Bébé s’exprime de sa journée. Alors ok, super, il s’exprime. En attendant, ça fatigue, ça épuise, il faut être là pour lui pendant toute cette période et moi je ne me repose pas.

Et puis les premières personnes à la maison, pour le week-end. Des repas à prévoir, des activités… Je n’ai pas réussi. Alors très bien, des mères le font super bien, avec même d’autres enfants etc. Tant mieux pour elle. Moi je n’avais pas cette force de caractère, je n’avais pas cette énergie, je n’avais pas d’organisation et j’étais juste complètement perdue et déboussolée après 15 ans à vivre seule, ou en couple, mais en tout cas sans la charge d’un enfant. Je me sentais coupable et nulle de ne pas réussir là où d’autres semblaient y arriver parfaitement.

J’ai entendu des choses pas très rassurantes pour mon rôle de maman, des petites phrases sans doute dites sans arrière pensée mais pourtant si compliquée pour moi. J’ai décidé de ne pas laisser mon bébé pleurer seul, jamais. Que je sois là, qu’il s’exprime, mais hors de question qu’il se sente abandonné alors qu’il utilise la seule façon qu’il a de s’exprimer. Et forcément « on ne doit pas être esclave de son enfant », « et ben il va prendre de sacrées habitudes si tu es toujours à le rassurer », « machin y arrivait très bien elle, avec plusieurs enfants ». Aujourd’hui mon bébé ne pleure presque pas, sauf quand il a faim, ou qu’il a une couche sale. Le reste du temps, il râle en essayant de dire « Oh, madre, tu te bouges pour t’occuper de moi ? » en version bébé ce qui donne « aaaaraaaeuh » mais il ne fait pas (plus) de grosses colères. Comme quoi…

Alors ben oui, ça m’a pris plus de temps que de le laisser pleurer dans son lit ou dans son parc. Oui, au début bébé ne savait pas rester plus de 5 minutes seul. Et alors quoi ? Il a appris, et quand il a été prêt, je l’ai laissé faire, en allant le chercher dès qu’il en avait assez. Forcément, j’avais moins de temps pour moi, pour la maison, pour faire autre chose. Mais c’était mon choix, et j’ai fait ce que j’estimais MOI juste pour nous. Pas juste pour le voisin, ou pour la copine du frère de mon cousin germain par alliance, pour MOI.

Est-ce que je regrette ? Non je ne pense pas.

Et si cette période va beaucoup mieux, il n’en reste pas moins que ma nouvelle organisation me laisse peu de temps aussi. Mais je vous propose de vous en parler plus tard.

 

Bisous occupés,

Votre Lulucinda

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